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Fiscalité immobilière à Marrakech en 2026 : ce que ça coûte vraiment d'acheter, louer et revendre

Entre droits d'enregistrement, taxe d'habitation, impôt sur les loyers et taxe sur le profit immobilier, la fiscalité peut représenter plus de 10 % du prix d'achat et 20 % de la plus-value à la revente. Voici le détail, poste par poste.

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Rédaction Le Vrai Maroc
6 min de lecture
Cour intérieure d'une demeure marocaine avec fontaine, illustrant les coûts réels d'un investissement immobilier premium.

Acheter, garder, louer ou revendre un bien à Marrakech : à chaque étape correspond une taxe différente, et la plupart des acheteurs découvrent la facture complète après coup. Entre les droits d’enregistrement à la signature, la taxe d’habitation chaque année, l’impôt sur les loyers si le bien est mis en location, et la taxe sur le profit immobilier à la revente, la fiscalité peut représenter une part significative de la rentabilité réelle d’un investissement. Voici le détail, poste par poste, avec les taux en vigueur en 2026.

À l’achat : droits d’enregistrement et frais de notaire

Le premier poste de dépense fiscale intervient dès la signature. Les droits d’enregistrement s’élèvent à 4 % du prix de vente ou de la valeur déclarée pour un bien construit (appartement, villa, local). Ils s’ajoutent aux frais de conservation foncière (1 % à 1,5 %) et aux honoraires du notaire (1 % à 1,5 %), réglementés par la profession.

Au total, le budget “frais d’acquisition” représente couramment 6 à 8 % du prix de vente — un chiffre à intégrer systématiquement dans le calcul de rentabilité, car il réduit d’autant la performance des premières années.

Un acheteur qui budgète uniquement le prix affiché du bien se trompe presque toujours de 6 à 8 points sur son enveloppe réelle.

4 %

Droits d'enregistrement

Sur le prix de vente ou la valeur déclarée

1–1,5 %

Honoraires du notaire

Tarif réglementé par la profession

6–8 %

Total frais d'acquisition

À budgéter en plus du prix affiché

Deux mesures 2026 changent la donne pour certains profils :

Exonération primo-accédant

Droits d'enregistrement supprimés jusqu'à 400 000 MAD, puis réduits à 3 % entre 400 001 et 1 000 000 MAD, pour l'achat d'une résidence principale. Applicable une seule fois, hors investissement locatif.

Pénalité sur les paiements en espèces

+2 % de majoration sur tout règlement non traçable au-delà de 300 000 MAD (CGI 2026). Le virement bancaire évite cette majoration.

Billets de 50 dirhams marocains, illustrant les droits d’enregistrement et frais de notaire à l’achat.

Pendant la détention : taxe d’habitation et taxe de services communaux

Une fois propriétaire, deux taxes locales annuelles s’appliquent : la Taxe d’Habitation (TH) et la Taxe de Services Communaux (TSC), régies par la loi 47-06. La TH est assise sur la valeur locative cadastrale du bien, avec un abattement de 75 % pour une résidence principale. La TSC s’applique au taux uniforme de 10,5 % en zone urbaine (6,5 % en zone périphérique).

Ensemble, ces deux taxes représentent entre 1 200 et 15 000 MAD par an selon la surface, la ville et l’usage du bien. Le paiement est dû chaque année au plus tard le 1er juin. Plusieurs exonérations existent, notamment pour les primo-accédants pendant 5 ans à compter de l’achèvement du bien, ou pour les propriétaires de plus de 75 ans à revenus modestes.

1 200–15 000 MAD

TH + TSC par an

Selon surface, ville et usage du bien

10,5 %

Taux TSC en zone urbaine

6,5 % en zone périphérique

Si vous louez : l’impôt sur les revenus locatifs

Pour un propriétaire — résident ou non, y compris les MRE — qui met son bien en location, les loyers perçus sont imposables au Maroc. Le régime applicable aux locations non meublées prévoit un abattement automatique de 40 % sur les revenus bruts, sans justificatif de charges à produire. La base imposable devient donc 60 % du loyer encaissé.

En dessous de 30 000 MAD de revenus locatifs bruts par an, l’exonération est totale. Au-delà, le contribuable choisit entre le barème progressif de l’IR après abattement, ou un taux libératoire : 10 % si le revenu brut annuel est inférieur à 120 000 MAD, 15 % au-delà, ou 20 % sur option avec retenue à la source. Depuis la loi de finances 2026, une retenue à la source de 5 % est opérée par les locataires professionnels.

40 %

Abattement automatique

Sur les revenus locatifs bruts, sans justificatif

< 30 000 MAD

Exonération totale

De revenus locatifs bruts par an

10–20 %

Taux libératoire

Selon le revenu annuel brut

Pour un propriétaire fiscalement domicilié en France, en Belgique ou en Espagne, la convention fiscale applicable détermine comment ce revenu foncier marocain est traité dans le pays de résidence — un point à vérifier avec un conseiller fiscal avant toute déclaration.

Patio de riad avec piscine à Marrakech, typique d’une location meublée soumise à l’impôt sur les revenus locatifs.

À la revente : la Taxe sur le Profit Immobilier (TPI)

Dernière étape, souvent sous-estimée : la revente. La Taxe sur le Profit Immobilier (TPI) s’applique au taux uniformisé de 20 % sur la plus-value nette réalisée, avec un minimum de perception de 3 % du prix de cession même en l’absence de plus-value démontrable.

Le calcul se fait sur l’écart entre le prix de cession et le prix d’acquisition réévalué selon des coefficients officiels. Contrairement à une idée répandue, cette taxe s’applique à tout cédant, marocain ou étranger, dès lors que le bien est situé sur le territoire marocain. Une exonération totale existe pour la résidence principale détenue depuis plus de 5 ans.

20 %

Taux de la TPI

Sur la plus-value nette réalisée

3 %

Minimum de perception

Même sans plus-value démontrable

30 jours

Délai de paiement

Après signature de l'acte de vente

Le paiement intervient dans un délai de 30 jours après la signature de l’acte de vente authentique ; c’est généralement le notaire qui collecte la taxe et la reverse à l’administration fiscale, ce qui sécurise la transaction pour l’acheteur comme pour le vendeur.

Maquette de maison avec clés, symbolisant la revente d’un bien soumise à la taxe sur le profit immobilier (TPI).

Ce qu’il faut retenir

La fiscalité immobilière marocaine n’est pas conçue pour décourager l’investissement, mais elle mérite d’être budgétée avec la même rigueur que le prix d’achat. Trois réflexes avant tout projet à Marrakech :

Checklist avant d'investir

  1. 1Provisionner 6 à 8 % de frais d'acquisition en plus du prix affiché, et vérifier une éventuelle exonération primo-accédant.
  2. 2Anticiper l'IR sur les loyers si le bien est destiné à la location, en tenant compte de l'abattement de 40 % et des seuils de taux libératoire.
  3. 3Garder trace du prix d'acquisition réévalué dès l'achat, pour calculer correctement la TPI le jour de la revente.

Un investissement mal préparé fiscalement reste rentable sur le papier et décevant sur le relevé bancaire. La fiscalité n’est pas un détail administratif : c’est une ligne de calcul à part entière.

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Avis de non-responsabilité : Cet article est une analyse éditoriale et ne constitue pas un conseil financier, juridique ou fiscal. Toute décision d'investissement doit être précédée d'une consultation auprès de professionnels qualifiés.

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