L'Algérie affronte depuis la mi-juillet 2026 une vague exceptionnelle d'incendies attisée par une canicule dépassant 49 °C. Le ministère de l'Intérieur a confirmé six morts. La Protection civile a fait état, dans son dernier bilan quotidien, de 195 départs de feu en 24 heures, dont 142 maîtrisés et 53 encore actifs. Une source contactée par Le Vrai Maroc évoque la participation de Canadair marocains ; cette information n'est, à ce stade, confirmée par aucune autorité ni aucun média.
Transparence éditoriale : cet article sépare strictement trois niveaux d'information — ce qui est officiellement confirmé, ce qui est rapporté par plusieurs médias fiables, et ce qui relève d'une source directe non vérifiée. La mention d'avions marocains appartient à la troisième catégorie et n'est pas présentée comme un fait établi.
Ce qui s’est passé
Depuis le début du mois de juillet 2026, le nord de l’Algérie brûle. Une canicule prolongée, avec des pointes proches de 49 °C sur le littoral méditerranéen et des vents chauds du sud, a transformé forêts, maquis et récoltes en combustible. La Direction générale de la Protection civile parle d’une vague « exceptionnelle » et évoque des feux d’une intensité et d’une vitesse de propagation inhabituelles.
Le déclencheur n’est pas un événement unique mais une accumulation : chaleur record, sécheresse pluriannuelle et rafales ont multiplié les départs de feu simultanés dans des dizaines de wilayas. Le pic médiatique a été atteint lorsqu’un incendie parti des forêts de la commune de Seraïdi, dans la wilaya d’Annaba, s’est propagé jusqu’à des zones urbaines et a contraint les autorités à évacuer un hôpital.
Chronologie des derniers jours
- 8–15 juillet 2026 : la Protection civile recense 932 départs de feu en une semaine, touchant 32 wilayas, selon un bilan communiqué à l’agence APS par le lieutenant-colonel Karim Harbi.
- Depuis le 1er juillet : environ 1 460 incendies enregistrés à l’échelle nationale, dont 85 à 90 % maîtrisés, selon le porte-parole Nassim Bernaoui.
- Lundi 20 juillet : 146 départs de feu en 24 h, 127 éteints, 19 encore actifs.
- Mardi 21 juillet : 172 incendies, 130 maîtrisés, 42 actifs ; le ministère de l’Intérieur annonce six morts. Le soir, 170 feux recensés sur la journée, 104 éteints, 66 actifs répartis sur 19 wilayas.
- Mercredi 22 juillet : 195 départs de feu en 24 h, 142 maîtrisés, 53 toujours actifs. Le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, se rend à Annaba sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune.
Ces chiffres proviennent des bilans quotidiens successifs de la Protection civile, relayés par l’APS et plusieurs médias. Ils évoluent d’heure en heure : un même feu peut être « maîtrisé » puis reprendre.
Régions touchées
Les foyers les plus sérieux se concentrent dans le nord et le nord-est du pays. Les wilayas citées dans les derniers bilans comme encore actives incluent Annaba, Souk Ahras, Skikda, Guelma, Bouira, Médéa, Mascara, Mila, El-Tarf, Jijel, Constantine, Béjaïa, Tlemcen, Saïda et Timimoun.
Depuis le 1er mai, l’Algérie a enregistré 3 719 incendies, contre 1 501 sur la même période en 2025 — une hausse de près de 150 %. La Direction générale des forêts évalue à plus de 1 666 hectares la végétation détruite (forêts, maquis, broussailles, alfa, arbres fruitiers, cultures de montagne), contre 467 hectares un an plus tôt sur la même période.
Bilan humain
Le bilan officiel confirmé par le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports est de six morts dans les incendies ayant frappé « certaines wilayas du pays ces derniers jours ». Le ministère a ordonné aux walis de lancer une opération générale de recensement des dégâts, afin de permettre l’indemnisation des sinistrés.
Aux décès s’ajoutent des évacuations préventives multiples. Selon la Protection civile et l’agence Anadolu : environ 100 personnes évacuées dans la zone d’Imarat (Barbacha, Béjaïa), 200 à Blida, une dizaine de familles à Skikda, six familles à Bouira, 13 familles (70 personnes) à Guelma, plusieurs familles à Boumerdès (revenues après stabilisation). À Seraïdi (Annaba), les patients de l’hôpital ont été transférés vers des structures sûres.
La réponse d’urgence
Face à l’ampleur du phénomène, la Protection civile a rappelé en urgence son personnel dans 45 wilayas, ainsi que les membres de l’Unité nationale d’instruction et d’intervention. Les équipes au sol travaillent en coordination avec l’Armée nationale populaire (ANP), la Direction générale des forêts, les collectivités locales, les communes et de nombreux volontaires.
Les autorités ont appelé la population à suivre les consignes officielles, à éviter les zones sinistrées et à ne pas relayer de rumeurs — une consigne qui prend tout son sens lorsqu’une information circule sans confirmation.
Les moyens de lutte de l’Algérie
Pour un bilan hebdomadaire, la Protection civile a déclaré avoir mobilisé « plus de 19 000 agents d’intervention » et 704 camions et engins dédiés à la lutte contre les feux de forêt. Sur le plan aérien, elle a fait état de six hélicoptères et douze avions bombardiers d’eau, auxquels s’ajoutent les moyens de l’ANP (deux avions et six hélicoptères) engagés dans les opérations d’extinction.
La participation de Canadair marocains : une information à vérifier
C’est le point le plus sensible de ce dossier. Le Vrai Maroc a été contacté par une source directe affirmant que des Canadair marocains auraient participé aux opérations de lutte aérienne en Algérie.
Selon une source directe contactée par Le Vrai Maroc, des appareils marocains seraient intervenus dans le cadre des opérations aériennes. Cette affirmation n'est, à l'heure de publication, corroborée par aucune autorité algérienne ou marocaine, ni par aucune agence de presse (APS, MAP, Reuters, AFP, AP). Le Vrai Maroc ne peut donc pas la présenter comme un fait.
Ce que dit notre source
Notre source évoque une participation d’appareils marocains à l’effort de lutte aérienne, dans un contexte de solidarité face à une catastrophe naturelle. Elle n’a toutefois pas fourni d’éléments matériels vérifiables — immatriculations, base de départ, autorisation de survol, horaires d’intervention — permettant de recouper indépendamment cette information.
En l’absence de preuve documentaire et de confirmation officielle, Le Vrai Maroc choisit la prudence : rapporter l’existence de ce témoignage tout en indiquant clairement qu’il n’est pas établi. Nous mettrons cet article à jour si une autorité, une agence de presse reconnue ou un document officiel vient confirmer ou infirmer cette participation.
Ce qui est officiellement confirmé
À ce stade, sont confirmés par des sources officielles ou par plusieurs médias fiables :
- six morts (ministère de l’Intérieur) ;
- une vague exceptionnelle d’incendies liée à la canicule (Protection civile) ;
- des bilans quotidiens détaillés (146, 172 puis 195 départs de feu en 24 h) ;
- des évacuations à Annaba, Béjaïa, Blida, Skikda, Guelma, Bouira et Boumerdès ;
- la mobilisation de moyens aériens algériens (avions bombardiers d’eau et hélicoptères de la Protection civile et de l’ANP) ;
- le déplacement du ministre de l’Intérieur à Annaba sur instruction présidentielle.
Ce qui reste non confirmé
Ne sont pas confirmés à ce jour :
- la participation de Canadair ou d’appareils marocains aux opérations en Algérie ;
- toute demande ou acceptation officielle d’aide entre Rabat et Alger pour cet événement ;
- tout chiffre relatif à un contingent aérien étranger.
Il faut rappeler un élément de contexte déterminant : depuis le 24 août 2021, l’Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc, et son espace aérien est fermé aux avions marocains, civils et militaires, depuis le 22 septembre 2021. Une opération aérienne marocaine en territoire algérien supposerait donc une autorisation exceptionnelle, dont aucune trace publique n’existe à ce jour. Cet arrière-plan renforce la nécessité de traiter l’information de notre source avec la plus grande réserve.
Le Canadair CL-415, comment ça marche
Le nom « Canadair » désigne, dans l’usage courant, les avions amphibies bombardiers d’eau, dont le modèle emblématique est le CL-415 (aujourd’hui décliné en DHC-515). Conçu spécifiquement pour la lutte anti-incendie, il peut se poser sur l’eau comme sur une piste classique.
Ses caractéristiques principales : une capacité d’environ 6 137 litres d’eau (plus 680 litres de produit moussant), un écopage complet en une douzaine de secondes en rasant un plan d’eau à environ 70 nœuds, un équipage de deux pilotes et deux turbopropulseurs Pratt & Whitney Canada PW123AF. Cette capacité à réécoper sans rentrer à la base permet d’enchaîner de nombreux largages, un atout décisif sur les feux de montagne. Le Maroc a d’ailleurs renforcé sa flotte avec l’arrivée d’un septième CL-415.
Coopération régionale et contexte diplomatique
Les incendies méditerranéens débordent les frontières, et les mécanismes d’entraide existent : l’Union européenne coordonne une flotte via le dispositif rescEU, et des pays comme l’Espagne, l’Italie ou la Grèce partagent régulièrement des moyens. Entre le Maroc et l’Algérie, en revanche, le contexte est celui d’une rupture. Un précédent notable existe : en septembre 2023, l’Algérie avait rouvert ponctuellement son espace aérien au Maroc pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire après le séisme d’Al Haouz. Mais aucun mécanisme de coopération bilatérale n’a été rétabli depuis.
Impact environnemental
Au-delà du bilan humain, la répétition de ces épisodes traduit un signal climatique. Des vagues de chaleur plus longues et plus intenses, combinées à des sécheresses pluriannuelles, assèchent la végétation et multiplient les « jours de risque d’incendie » sur tout le pourtour méditerranéen, Maroc et Algérie compris. La destruction de plus de 1 666 hectares en Algérie, très au-dessus des niveaux de 2025, illustre cette tendance.
Les conséquences dépassent les hectares brûlés : qualité de l’air dégradée, érosion des sols, perte de biodiversité, pression sur l’agriculture de montagne et sur les ressources en eau.
Et maintenant ?
La Protection civile prévient que le risque reste élevé tant que dure la canicule. Les prochaines étapes attendues : stabilisation des foyers actifs, recensement des dégâts ordonné par le ministère de l’Intérieur en vue d’indemnisations, et vigilance renforcée sur les wilayas du nord. Côté marocain, les bulletins de risque signalaient un niveau « extrême » dans plusieurs provinces du nord (Chefchaouen, Tétouan, Taza), le royaume gérant ses propres départs de feu.
Conclusion
L’Algérie traverse l’un de ses étés les plus difficiles depuis 2021 sur le front des incendies : six morts, des milliers de départs de feu, des évacuations et des hectares partis en fumée, dans un contexte de canicule extrême. Sur ce socle de faits vérifiés, une question demeure ouverte : celle d’une éventuelle participation d’appareils marocains, rapportée à Le Vrai Maroc par une source directe, mais non confirmée et rendue improbable par l’état des relations bilatérales. Nous continuerons à suivre le dossier et à distinguer, à chaque mise à jour, le vérifié de l’invérifié. Retrouvez nos autres analyses et suivez l’actualité sur la page d’accueil.
FAQ
Combien de morts dans les incendies en Algérie en juillet 2026 ?
Le ministère algérien de l'Intérieur a confirmé six morts dans les incendies ayant frappé plusieurs wilayas ces derniers jours.
Des Canadair marocains ont-ils participé aux opérations en Algérie ?
Une source directe contactée par Le Vrai Maroc l'affirme, mais aucune autorité ni aucune agence de presse ne l'a confirmé. Cette information n'est pas établie et doit être traitée avec réserve, d'autant que l'espace aérien algérien est fermé aux avions marocains depuis 2021.
Quelles régions d'Algérie sont les plus touchées ?
Principalement le nord et le nord-est : Annaba, Souk Ahras, Skikda, Guelma, Béjaïa, Bouira, Médéa, Mila, El-Tarf, Jijel, Constantine, Tlemcen, Mascara et Saïda figurent parmi les wilayas citées.
Quels moyens l'Algérie a-t-elle déployés ?
Plus de 19 000 agents, 704 camions et engins, six hélicoptères et douze avions bombardiers d'eau de la Protection civile, complétés par deux avions et six hélicoptères de l'Armée nationale populaire.
Qu'est-ce qu'un Canadair CL-415 ?
C'est un avion amphibie bombardier d'eau conçu pour la lutte anti-incendie, capable d'écoper environ 6 137 litres d'eau en une douzaine de secondes et de les larguer sur un feu sans rentrer à la base.
Note de mise à jour : article publié le 23 juillet 2026 à partir des bilans disponibles ce jour. Les chiffres évoluent quotidiennement. Toute information sur une participation d'appareils marocains sera ajoutée uniquement si elle est confirmée par une source officielle ou une agence de presse reconnue.
À lire aussi : nos analyses et l'actualité de Marrakech et du Maroc sur Le Vrai Maroc.
Mots-clés
Sources et références
- Anadolu Agency — Évacuations dans la wilaya d'Annaba (22 juillet 2026)
- Africanews — Six morts selon le ministère de l'Intérieur (22 juillet 2026)
- Algérie Éco (APS) — Sayoud à Annaba, 195 feux en 24 h (22 juillet 2026)
- TSA — 932 départs de feu en une semaine, bilan Protection civile
- Reuters — L'Algérie rompt ses relations diplomatiques avec le Maroc (2021)
- Wikipédia — Canadair CL-415 (caractéristiques techniques)



